Nextep, organisateur du 1er Forum sur la douleur

25/10/2018

Nextep est fier d’avoir organisé le 1er Forum de lutte contre la douleur, ce mercredi 24 octobre, pour le compte de la SFETD, et avec le soutien institutionnel des laboratoires Grünenthal Group. L’évènement a eu lieu au Ministère des solidarités et de la santé sous le patronage de la Ministre Agnès Buzyn. Nos experts Dominique Amory, Mickaël Halimi, Marianne Gicquel et Lucile Lecomte étaient sur place.

[APM News en parle]

Appel commun de patients et professionnels pour renforcer la lutte contre la douleur

PARIS, 24 octobre 2018 (APMnews) – Onze associations de patients, syndicats de professionnels de santé et sociétés savantes appellent le gouvernement à redonner “un nouvel élan à la prise en charge de la douleur en France”, dans un plaidoyer commun présenté mercredi lors du premier forum contre les douleurs. Dans un texte de 4 pages, trois associations de patients, deux syndicats de professionnels de santé et six sociétés savantes particulièrement concernés par la douleur lancent un appel pour “redonner un nouvel élan à la prise en charge de la douleur et reconnaître la douleur comme un enjeu déterminant pour notre système de santé, nécessitant un parcours de soins consolidé”. Elles formulent pour cela une série de propositions d’actions selon 5 axes, dans “une nouvelle vision” de la lutte contre la douleur, qui soit à la fois intégrée, préventive, participative, protectrice et mobilisatrice. Il s’agit tout d’abord de garantir aux patients à la fois une prise en charge adaptée et “un véritable parcours de soin et de suivi”. Pour cela, les 11 signataires proposent de :

  • Renforcer, pour tous les professionnels de santé concernés, la formation en matière d’évaluation et de prise en charge de la douleur sur l’ensemble du parcours de soins
  • Valoriser les consultations médicales de prise en charge de la douleur
  • Renforcer le rôle et le fonctionnement des réseaux de soins et structures spécialisées
  • Soutenir le développement de dispositifs visant à renforcer les coordinations interprofessionnelles, ainsi que la coordination hôpital-ville.
  • Ensuite, il convient de mener “un travail de sensibilisation” sur la douleur et ses facteurs de risque de chronicisation “auprès des acteurs de santé, des structures médico-sociales, mais également du monde professionnel”. Quatre actions permettraient d’y parvenir:
  • Consolider l’intégration de la prévention de la douleur dans les protocoles de soins pouvant être source de douleurs, en particulier en post-chirurgie et dans la prise en charge des situations de handicap ou de polyhandicap impliquer davantage les professionnels de santé de première ligne et les acteurs médico-sociaux dans les stratégies de prévention de la douleur et de sa chronicisation
  • Renforcer le rôle du médecin du travail en vue d’améliorer la prévention effective de la douleur dans le monde professionnel développer la recherche pour mieux comprendre les mécanismes de la douleur et renforcer l’efficacité de la prévention et de la prise en charge.

La lutte contre la douleur doit également avoir pour fil conducteur “l’écoute du patient et de son ressenti” pour que les professionnels puissent “définir un traitement spécifique”. Pour cela, il faudrait :

  • Systématiser le recours aux outils d’évaluation de la douleur, notamment pour les douleurs silencieuses accompagner les patients dans la compréhension des mécanismes de la douleur et dans leur responsabilisation en matière de prise en charge
  • Renforcer les stratégies et outils d’évaluation et d’accompagnement spécifiquement adaptés aux patients en situation de handicap ou polyhandicap
  • Améliorer l’accès des patients douloureux aux antalgiques adaptés à leur état, en observant les recommandations et bonnes pratiques liées au bon usage de ces médicaments.
  • Concernant les populations vulnérables (enfants, personnes âgées, en situation de handicap ou polyhandicap, patients psychiatriques, etc.), la prise en charge de la douleur doit “s’inscrire dans un parcours de vie, incluant un accompagnement social adapté au patient pour lui garantir le plus d’autonomie et réduire les risques de dégradation liés à sa condition”.

Les signataires préconisent dans cet objectif de :

  • Développer la reconnaissance du statut de personne handicapée pour les patients douloureux en situation complexe consolider les modalités de prise en charge de la douleur pour les populations les plus vulnérables, personnes handicapées, publics atteints de pathologie mentale, en établissements psychiatriques, ainsi qu’en établissement d’hébergement de personnes âgées dépendantes (Ehpad).
  • Enfin, pour relancer la dynamique française dans la lutte contre la douleur, qui s’est “significativement essoufflée depuis 2012”, il est nécessaire de donner à la stratégie de lutte contre la douleur “l’ambition et les moyens à la hauteur des enjeux à traiter”. Les signataires demandent en conséquence de :
  • Faire de la lutte contre la douleur, sous tous ses aspects, une priorité de la politique de santé du gouvernement sur le quinquennat et au-delà, conformément aux articles L1411-1, L4130-1 et L1110-12 du code de la santé publique et à leur application. En France, 20% de la population souffre de douleur chronique modérée à sévère. La douleur est le premier motif de consultation tant dans les services d’urgence que chez le médecin généraliste, ce qui correspond à un surcoût annuel de 1,2 milliard d’euros, rappellent-ils, citant un livre blanc diffusé en 2017 (cf dépêche du 17/10/2017 à 15:40).
  • L’Académie de médecine a également recommandé, la semaine dernière, que les structures spécialisées de douleur chronique soient pérennisées (cf dépêche du 16/10/2018 à 15:45).

Les 11 signataires Les trois associations signataires sont l’Association française de lutte antirhumatismale (Aflar), l’Association francophone pour vaincre les douleurs (AFVD) et Fibromyalgie France. Les deux syndicats de professionnels de santé sont la Confédération des syndicats médicaux français (CSMF) et la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF). Enfin, s’associent à cette action les sociétés françaises d’anesthésie et de réanimation (Sfar), d’études et de traitement de la douleur (SFETD), de gériatrie et de gérontologie (SFGG), de médecine d’urgence (SFMU), de rhumatologie (SFR) et de médecine physique et de réadaptation (Sofmer). »